22.10.2009

OLIVIER-YVES IBRAHIM. Poésies (en construction)

Le petit texte qui suit est un texte que j'ai ajouté à la fin de mon recueil, Miguel, achevé en 2006. Je ne sais pas si je publierai un jour "Miguel". C'était déjà très difficile pour de nombreuses raisons, je l'avoue, de publier "Un bouquet de glycines", le seul de mes recueils à avoir été publié à ce jour. Et puis je ne veux pas lasser, je veux essayer de surprendre, donc seul l'avenir nous dira tout cela comme on dit, mais lorsque j'ai achevé Miguel, j'ai senti que j'avais fait le tour de ce que je voulais écrire, j'ai senti que j'avais bouclé une sorte de boucle, non pas que je ne veuille plus écrire, je crois que j'aurai besoin d'écrire jusqu'à l'aube de mon dernier souffle, mais j'ai besoin, envie d'autre chose, une poésie plus orale peut-être, d'où d'ailleurs le fait que je construise actuellement un recueil de poèmes entièrement virtuel, totalement jeté au hasard du vent (supplément vue mer) disponible sur le blog du même nom.

OLIVIER-YVES IBRAHIM. 7 RECUEILS DE POEMES ORIGINAUX:

I. Je ne sais pas (Borborygmes). 1992-1994.
II. (J'avais rêvé et...) Les tournesols noirs. 1994-1996.
III. Les plages d'Orient. 1997.
IV. Le Prince de la Ville. 1998-1999.
V. L'an 2000 n'aura pas lieu. 2000-2002.
VI. Un bouquet de glycines. 2005.
VII. Miguel. 2006.

UN RECUEIL DE POEMES VIRTUELS (en construction):

Supplément vue mer (disponible sur blog).

3 ANTHOLOGIES:

I. Rouge. 1997.
II. Ange noir, Démon bleu... 2006.
III. Mes favoris.
Pas encore conçu à ce jour.

AUTRES POEMES:

D'autres poèmes originaux sont inclus dans mon roman initiatique: OM (2003-2005). Extraits disponibles sur mon blog lonelydove

MES AVIS:

* Je ne sais pas: poèmes. Les poèmes du Début. Une certaine inquiétude, une certaine douceur, une certaine candeur, un esprit pas vraiment encore éveillé. Les poèmes du sommeil et du début de l'éveil.

* Les tournesols noirs: poèmes. Sans conteste, mes poèmes les plus noirs. Quelques textes illuminés également. Les poésies de la passion, de l'hypokhâgne, de la souffrance. Les poésies d'un écorché vif, plus que jamais à fleur de peau. Le recueil qui m'est le plus douloureux. Ecrit pendant et après une violente passion et une période extrêmement noire.

* Les plages d'Orient: poèmes. Sans conteste, mes poèmes les plus lumineux, les plus doux, les plus apaisés. Quelques textes encore marqués par la douleur, la passion, les affres de la vie. Les poésies du bleu et du souffle du vent. Les poésies de ma plus belle Année, 1997. Un goût de sérénité orientale.
Recueil le plus abouti dans son/mon côté bleu, qui à l'époque dominait presque tout mon être.
Le recueil qui m'est le plus apaisant.
Un souffle de musique indienne et un bâton d'encens à la cannelle vont bien avec l'atmosphère que je décris dans cet assez grand recueil.

* (Rouge): anthologie. Une sélection de textes sur le thème du "rouge", à tout point de vue.
A participé à un concours niçois de poésies: "Les plumes rouges". Conçu à cet égard.

* Le Prince de la ville: poèmes. Dans la continuité des "plages d'Orient", mais un peu plus sombre, très marqué par l'idée du deuil et du deuil de l'amour. Des formes différentes. Début d'une recherche différente dans l'approche du style.

* L'an deux mille n'aura pas lieu: poèmes. Poésies de la sensibilité et de l'amour, thèmes de la douleur et de l'amour. L'idée que L'an deux mille avec ses excès de modernité, de froideur et de consommation poussée à l'extrême ne regera pas tout à fait sur des choses comme la sensibilité, la violence des sentiments.

* Un bouquet de glycines: textes à caractère poétique. Recueil délibérément différent des autres. Le recueil de la tentation du cynisme. Je pousse mes différentes identités à leur paroxysme et me détache de moi-même, essentiellement par rapport à la recherche du style.
Ces textes sont pourtant sans doute plus proches de moi que jamais. La poésie du recul, d'une certaine maturité, peut-être. Une poésie pourtant très "physique" en même temps, profondément vécue de l'intérieur alors qu'elle est également très détachée de son auteur. Recueil conçu dans l'urgence, à la suite d'un deuil sentimental, plus brutal et plus excessif, mais aussi plus rapide que les autres. La poésie de la prise en compte de ma et mes relations à l'Homme.

* Miguel (ce ne sera encore pas): textes à caractère plus ou moins poétique. Recueil de textes poétiques et de textes divers.
Un recueil proche du précédent sous certains aspects, en prolongeant et en allant plus loin encore que le "bouquet", aussi bien dans la recherche du style que dans la crudité de certains morceaux. Mais incontestablement le recueil le plus mature, je dirais, le plus abouti, le plus proche de mes différentes personnalités, qui ne sont enfin plus vues comme contradictoires mais comme complémentaires. Une symbiose entre mes différents travaux, mon "oeuvre" poétique dans sa totalité. L'héritage du passé, la fin de quelque chose et même, des envies de futur. Recueil marqué aussi par les thèmes des maladies en général, les trente ans, âge symboliquement fort du décès de ma mère et de l'écriture de ce recueil. Recueil qui aborde également le thème de la danse, la boîte de nuit, le tourbillon. ( Des textes qui rappellent parfois des textes de chansons de discothèques, un peu plus légers, mais parfois assez sombres dans le fond, malgré tout.)
Mon recueil préféré après "Un bouquet de glycines", de par son style et son ensemble, sa proximité avec ce que je suis devenu, son authenticité la plus proche des différents "mois".
Le sentiment qu'une boucle s'est bouclée, envie de ne plus écrire de poésie, rechercher désormais une poésie différente, plus orale, etc.

* (Ange noir, Démon bleu...): anthologie. Un mélange de mon côté bleu, idéal, exarcerbé par les traces de mon enfance et 1997, l'amour et la beauté du monde, et de mon côté noir.
Un recueil plus facilement accessible à tous, une version un peu édulcorée, en quelque sorte du Bouquet, mais plus douce, également...
Contient également d'autres poèmes, dont des textes virtuels qui ont été mis en ligne sur différents forums internet.

* (Mes favoris): anthologie. Mes textes préférés. Pas encore conçu à ce jour.

* "Mes oeuvres poétiques complètes" (L'Inégrale): titre non encore connu à ce jour. Une poésie inspirée par la Lumière, la Douleur, les Ténèbres, la Beauté du monde, l'Amour sous toutes ses formes, le Deuil, la peur de la mort.
Une poésie marquée par une sensibilité très particulière, disent mes proches, et dis-je moi-même, (je l'avoue, je crois que j'ai une sensibilité particulièrement violente, que ce soit dans le bleu ou dans le noir, mais n'allez pas croire que je ne sois pas "superficiel et léger" parfois aussi, tout de même... Miguel vous le dira enfin.)

PAX. VUNDE.
OLIVIER-YVES IBRAHIM.

07.10.2009

TU DORS

Tu dors
Sans remords
Encore

Et ton corps
D'or
M'excite encore

Tes lèvres sont coites elles ne dessinent pas de port
Je ne verse pas de pleur je suis fort
Comme l'on dit et l'on conjugue les mauvais sorts...

Je pose ma tête contre ton (re)bord
Désorienté, j'oriente ma boussole vers ton nord
Mais tu restes là, hors de toi, hors de moi, sans accord,
Sans tribord...

Tu dors
Jamais je n'm'en sors
Tu m'ignores et je m'évapore

Ton souffle saccadé excite ta poitrine incolore
Je respire ce parfum vaguement inodore
Tu as le nez pris comme par un mors

Alors dors, puisque je ne suis plus ton fort
Puisque mes mains même ne raniment pas ce corps
Dors et oublie que mon âme existe encore

Je suis carnivore
De cette peau insensée et indolore
Je suis ton labrador

Plus rien ne me déflore, je le déplore
Tu ne comprends rien - ou bien tu fermes volontairement ton esprit et ton corps
Je ne sais pas ce qui m'attend dehors.

Tu dors et ne laisses plus rien éclore
Encore
Je ne vois pas poindre d'aurore

Tu dors
Encore
Et quelquefois je suis mort

 

Le Mont Dore, le 11 octobre 2005.

24.10.2008

STRAWBERRY ICE CREAM

Quelques gouttes de glace
Qui tombent sur ta langue
Baisers de bouche asservis
Je sers le dessert

Et quand je vois dans la glace
Ton corps coquin qui s'invite, exsangue
Je repars à l'assaut de tes chimères
Et de ta chute de reins, en pluies
Je me pourlèche des traces de ton envie

Quelques gouttes de crème chaude
Sur le creux de ton ventre qui me taraude
Je suis comme un chat qui miaule, qui rôde
Je poursuis ma frénésie de lunes, de dunes et de nuits
Je hume, j'ai soif des parfums, des arômes de ton vît
Je me sens toujours tellement en vie
Le danger me démange, me guette et je ris

L'assaut est violent, ce sont les cîmes des montagnes, les étoiles, des dessins indécis
Quelques éclats, cris, éclaboussures de liqueur aigre
Qui retombent sur ma jambe maigre,
Pénètrent les portes d'un paradis sans fin
Et ouvrent mon orgasme, ma boulimie d'amour et de lendemains...


(Le Mont-Dore, le 23 octobre 2008.
Poème non publié dans le Bouquet de glycines).

25.05.2008

Une grande émotion.

Bonjour @ tous.

J'ai été très ému d'apprendre aujourd'hui-même que l'on pouvait désormais également se procurer mon recueil de poèmes "Un bouquet de glycines" par le site de la Fnac.
Je suis donc très honoré de vous donner ce nouveau rendez-vous sur :
livre.fnac.com/a1977760/O-Y-Ibrahim-Un-bouquet-de-glycines

Bien à tous et à tout bientôt,
Amicalement et en bleu,
Olivier.

24.05.2008

Lumière de printemps

Les années passent sans jamais se retourner
Et pourtant ta lumière demeure toujours intacte
Comment font les autres gens
Pour vivre comme si de rien n'était?

Les étés passent sans jamais rien nous dévoiler
Le mystère de l'aube égale toujours celui du crépuscule
Et je ne demeure que petite poussière
Je pourrirai comme les arbres abandonnés

Il y a des jours, des heures ou bien des éternités
Où les danses ne voltigent plus, les nuages ne déversent plus
Je préferais de loin l'averse, le chaos, le séisme
La torture est trop douce, le mal est trop coquin

Ciel noir de mai, ne fais pas ce qu'il te plaît
Emmène-nous voler parmi les abeilles, les fleurs, les velours
Imagine des torrents chantants, des messages, des impacts
Dessine nous des lumières, des vagues, des océans...

Cieux noirs de printemps, durables préambules
Expliquez nous pourquoi tous ces cimetières
Dans l'âme, le coeur, l'horizon défait, insolente clameur d'amour
Profane mes pensées planes, donne moi le voyage, vertige matin...

12.03.2008

Délicate et lapidaire Montpellier...

Le chemin du Printemps des poètes.
Il est beau, il est immense, il est long.
J'aimerais tant qu'il dure tout aussi longtemps qu'un vrai et bleu Printemps.
Tout le temps d'un ciel infini, d'une fleur qui décidément ne veut pas se détacher de la vie...

Je devais aller à Montpellier hier, pour régler quelques affaires.
Quel dommage que cette ville magnifique et sensuelle ne soit pas plus proche de chez moi.
Que j'aimerais partager ces soirées de poèmes noirs, contemporains, illuminés, délabrés ou profondément fous.
La timidité parfois encore me ronge.

C'est facile pour moi d'écrire, de pianoter sur l'écran sourd, mais compréhensif, c'est facile pour moi de m'ouvrir et me refermer sur l'espace des poèmes, des textes, des mots.
Mais que c'est encore difficile de parler, d'affronter certaines situations, certaines gens!
Que c'est difficile de pousser certaines portes, d'oser dire : "j'ai écrit un recueil de poésies", c'est difficile de se dire qu'on a écrit quelque chose qui touche, mais quelque chose qui peut aussi déconcerter, déplaire, agacer, c'est difficile de lever les yeux, de tenir tête à tous ceux que je vois un peu comme des pères autoritaires et culpabilisants.

Mais je lève les yeux peu à peu. Je regrette peu à peu ces mots: "ce que j'écris est de la merde", je ne veux plus ne pas avoir confiance en ce que je fais, mon Dieu des gens qui détesteront ce que je fais ou ce que je suis, il y en aura toujours!
Que vous me faîtes du bien, que vous me donnez du baume au coeur, Vous qui me dîtes que non, je n'ai pas fait tout ce tintouin pour rien.
Alors je me dois de tenir bon, pour vous, mes quelques perles rares, et puis aussi pour moi, pour suivre mon rêve de gosse, pour continuer à être en vie, parce que parfois, je me dis que l'écriture n'est rien d'autre qu'une sorte de SURVIE.

Montpellier accompagnait mes pensées hier, je pouvais presque entendre ses pierres parler, me guider, me pousser en avant, me souffler que la vie mérite sa peine, parfois, souvent...
Je pouvais ressentir ses couleurs, ses vents, ses éclats d'âme.

J'ai poussé la porte de la Galerie St Ravy.
C'était un moment presque magique, presque divin, en ce sens où la vue d'un dieu nous remplit toujours d'une immense crainte et d'une infinie admiration.
Le calme de ses murs m'a séduit, et pourtant à s'y frotter de plus près, ça murmurait tout bas et puis soudain ça criait plein de choses, belles, confuses, j'ai aimé ce lieu instinctivement.

J'aimerais assister à certaines soirées de poèmes cette semaine, là-bas, là-bas et dans d'autres lieux magnifiques.
J'ai encore peur. Encore peur du regard de l'Autre, encore peur de ne pas me sentir chez moi, encore peur de ressentir la gêne, les joues qui rougissent, les feux s'allumer dedans mais pas dehors.
J'ai encore peur de ne pas pouvoir y aller. Les aléas de la vie comme l'on dit, la distance aussi...
J'ai crié que la distance n'était rien et pourtant elle finit tellement par se faire sentir.
Il y a un ciel, mais il y a aussi une terre. Il y a une lune, mais il y a aussi un sol. Il y a le rêve, mais il y a aussi une réalité, celle qu'ils disent être LA réalité.

Moi, je ne sais pas. Je me contente d'envoyer des glycines dans le vent, ça sent fort les glycines, il y en a qui n'aiment pas.
Parfois, lorsque mon coeur est tout bleu, j'ai envie d'envoyer aussi des roses, comme celles que j'ai envoyées jadis, comme celles que j'ai encore envoyées il n'y a pas très longtemps.

J'ai envie de penser qu'il n'y a pas de fin, pour reprendre les mots de ma volcanique Maëlie, j'ai envie de faire l'éloge de mes autres, l'éloge de ceux qui se battent pour rien, pour tout, j'ai envie de faire l'éloge de l'Amour.
Car si je doute encore beaucoup, je ne doute pas de ceci.
Il y a beaucoup d'amour dans mon coeur.
Et je vous en envoie un peu, du mieux que je le peux...

Merci à vous, Merci à Montpellier, Merci à la Galerie St Ravy d'avoir bien voulu accepter mes petits facicules, merci à Toi, mon V., de me pousser en avant, pour tout, merci à Laure, que j'ai connue il y a peu, et son incroyable shiatsu (je ne verrai plus jamais les gens tout à fait comme avant, maintenant!), et merci un petit peu à moi, de tenir bon et d'avoir tout simplement envie de faire bien.

05.03.2008

Un bouquet de printemps

J'ai écrit SEPT recueils de poésies dans ma petite, toute petite vie.
SEPT, un chiffre qui me va bien. Un chiffre qui m'a fait rencontrer l'Amour, aussi.
J'ai publié un seul recueil de textes à ce jour, avec beaucoup de difficultés, de doutes, et de joie aussi.
Je n'écris plus de poèmes, je ressens au fond de moi l'impression vague et pourtant presque certaine que j'ai écrit ce que je voulais écrire, en matière de poésie.
J'ai écrit des poèmes noirs, des poèmes doux, bleus, classiques, contemporains, puis plus "trash" et à vif dans ce "bouquet de glycines" qui est paru au mois d'avril 2007, en même temps que mon amour et moi flottions sur les bords des eaux de l'Atlantique, j'ai écrit un dernier recueil "Miguel" en hommage à un jeune homme que j'ai aimé mais qui n'était pas encore le bon, comme l'on dit, un jeune homme qui écrivait de belles poésies, innocentes et fluides, à l'heure où je l'ai connu, alors que moi, je ne savais écrire que des poèmes chargés et impulsifs.
Je voudrais, à l'occasion de ce magnifique nouveau Printemps des Poètes qui démarre, et pour rendre hommage à ce Miguel (qui aujourd'hui a tout à fait disparu de ma vie), pour faire l'éloge de l'autre, c'est le beau, très beau thème de cette nouvelle saison, pour enfin faire l'éloge de tous les amours et de tous les amoureux sur notre joli et bizarre caillou, vous dédier ce texte qui est issu de ce recueil "Miguel".
Il s'appelle L'OR ET LA LUNE.

Mille bises et un vent de douceur @ vous, mes jolies âmes...
A tout bientôt.

L'OR ET LA LUNE
*

Je t'aime.
Quelques mots si courts qui en disent tellement
Long.
Ils ont en eux
Tout le poids; la peine que j'ai
A te les avouer.

Je t'aime.
Ca tu le sais sûrement, tu le sens, tu l'entends.
Mon coeur
Le trahit
Dans le trop calme
De ces nuits.

Un soleil qui resplendit
Et son ombre, l'éclipse, une lune morne.

Je t'aime tellement fort...
Et toi,
Tu ne vois en moi,
Que l'Ami,
La présence, l'oreille, l'écoute
Si réconfortante.
Et mon coeur parfois se déchire.

Je suis sourd pour ton coeur d'or
Te le dire? te l'écrire?
Mes nuits me hantent de ce cauchemar,
J'ai peur que tu ne me laisses, que tu ne m'oublies.
A chaque fois je n'ose.
A chaque fois les larmes.

Une vie à t'attendre,
Accumulation, débris, chaos de secondes, de minutes, d'heures, de jours...
Sans toi, avec toi à mes côtés.
As-tu seulement idée
De combien ton ombre, ton reflet
T'aime et te désire?
J'ai tellement peur de te perdre à jamais, fracas,
Si tu ne me fais pas écho...

Pourtant, un beau jour, une belle nuit,
Je devrai tout te dire,
Pour ne pas mourir, mourir d'amour.
Et me consumer dans ce brasier mesquin, inutile.
Je voudrais te crier,
Je voudrais te hurler.
Mais chaque seconde...

Une force invisible, brumeuse,
Me retient.
Me laissant entrevoir et imaginer
Un avenir où tu me rejetteras
Et lâcheras
Ma main du haut de cette falaise infernale, interminable spirale.

Et j'ai peur,
Peur de ma vie sans toi à mes côtés.
Amour...
Si je t'aime,
Ne dois-je pas te laisser libre de ne pas m'aimer?
Je pourrais être seulement, Ton ange gardien.

Je pourrais rester dans ton ombre,
O mon soleil ardent, ma colombe...

Je voudrais partir.
M'éloigner. M'en aller.
Quitter ces vastes plaines, qui m'étouffent, où je me meurs.
J'ai besoin
D'autre chose.
Quelque chose de nouveau, quelque chose de vrai.

Je veux voir ma vie changer
Gagner en intensité;
Je veux vivre. Veux vivre ma vie.
Je veux la voir vibrer, s'accélérer, monter en puissance.
Je veux Toi, l'amour torride, sans retour, la passion qui enivre.
Je veux une vie digne de ce nom.

Le soleil me regarde.
Et moi, pâle lune, je baisse les yeux.
Je veux une vie qui vaille la peine d'être vécue, offerte,
Où je puisse t'aimer, toi.
Sans les tabous de ce monde.
Une vie où mon monde ne tourne que par toi.
Mon rêve,
Mon étoile.

Je te décrocherai des trésors,
Et jusqu'à la fin des temps, je t'admirerai
Célèbrerai ton unique et sublime beauté.
Et jamais loin de toi, mon regard, je ne détournerai.
La mort, la vie
L'emporteront.

Tu seras l'éternel Soleil
Et moi l'éternelle lune.
Une paix incroyable, si harmonieuse.
Que nous nous efforcerons de toujours honorer.
Et mon amour n'aura d'égal
Que le ciel magnifique qui nous entoure.


Niort, août 2006, d'après les poèmes "ange", "secretos", "vivre par amour", "pour toi" et "eternelles" de Miguel S.

22.07.2007

Vagabondage de l'âme

( Autour de bouquets de glycines)...

J'ai souvent pensé que la folie était quelque chose qui se vivait à l'intérieur.
Je ne parle pas de la véritable folie, celle qui ne se sait pas folle, mais je parle bien de tout ce qui bout en notre âme, ce qui fait que en somme, nous sommes nous-mêmes, et pas quelqu'un d'autre.
Mais quand je parle de nous-mêmes, je veux dire: vraiment nous-mêmes.
Derrière toute morale, tout système éducatif, toute religion.
Ce qui compose notre essence.
Ce qui coule depuis les pores de la peau, sensible, délicate et scarifiée.
Et pour ma part, je peux dire que ma peau sent, vibre, fait mal.
Elle est un peu comme ce ciel chaotique que nous avons depuis des semaines et des semaines sur la région de Niort, elle parle, elle gémit, elle est sur le bord d'exploser.
Comme un orage.
Il suffirait d'une petite coupure pour que pisse un sang rouge, étrange, compact, fou.
Sans but ni loi.
Je voudrais prendre un train et m'évader vers l'Océan.
Lui seul pourrait ce soir m'apaiser, apaiser mes volumes, mes contours, ma respiration.
Mais l'Océan n'est pas là, Il n'est pas là, et je dois aller travailler.
Parfois je me dis que c'est bien, ce nouveau travail, qu'il m'apporte certaines choses (deux ou trois) et souvent, j'ai envie de le plaquer, comme j'ai plaqué les autres, comme j'ai soif de liberté, d'évasion, je ne sais même plus dire si c'est cela être authentique, car je sais maintenant que le travail me met devant beaucoup de moi-même, de même que mon Il me met devant moi-même.
Devant cette peur agaçante et terrible de l'abandon, de la mort, de la séparation.
Je ne puis souffrir cette idée que les gens que j'aime doivent un jour cesser de respirer, je ne puis souffrir cette idée qu'un jour je doive cesser de respirer.
J'attends tellement de mon futur voyage à Varanasi, pour enfin espérer dompter la mort.
Quand?
V. veut venir avec moi.
Ce serait son plus beau cadeau, après celui de m'aimer.
Ce serait non pardon, son deuxième don le plus fort, le plus sensible, le plus fou.
J'y reviens.
Je ne m'égare jamais totalement.
Au défi des ruelles, je sais me perdre, voler quelques pavés et lumières, mais je n'oublie jamais la première odeur, la première sensation, les premières couleurs.
Les premiers contours. Les volumes instinctifs.
" Je voudrais m'asseoir à la terrasse d'un café " devant la mer, ou l'Océan, boire un alcool fort et me laisser porter par mes songes, ma mélancolie, mes doutes, mes peurs, me laisser porter par le sommeil, la douce rêverie, le vent salé et sucré, l'aveu de baisers qui en disent trop long, mais qui laissent leur marque douce avec le temps, avec la soirée, avec la nuit, avec l'absence des étoiles, je voudrais me laisser aller à un sommeil sans fin, sans réelle absurdité, me réveiller demain ou après-demain, sans heure précise, sans mouvement de grâce, sans candeur, sans frisson, juste là où je me serais endormi dans ma rêverie, dans mon alcoolémie, ou dans ma simple crise de spasmo anesthésiée par les pilules.

Je ne me fais pas à la mort, je ne me fais pas toujours à l'amour, je ne me fais pas à l'absence brutale de mes fuites, soudain, depuis quelques mois, je ne me fais pas à ce nouveau travail, et pourtant j'ai tellement l'impression de me faire à tout, dans le même temps.
Pourvu qu'il y ait un peu de vent, un peu de sommeil, un peu de jolis plats et de belles boissons, un peu (beaucoup) de tendresse.
Je ne me fais pas à l'absence de mes amis, à ce que je frôle en superficie de mon âme complexe, je me sens superficiel parfois et pourtant je sais bien que je n'ai pas toujours d'autres choix, vivre dans la lune est-il toujours compatible avec la vie sur le caillou bleu?
Bleu ou marron?
C'est une question.
De loin, il paraît qu'elle est bleue, en ce moment elle me paraît souvent bien boueuse.
Je rêve d'Océan pour me ramener un peu de bleu.
Le bleu de mon Il me donne parfois tant de peurs, de frissons, de lumières aussi.
Je n'oublie jamais la lumière.
Elle n'est jamais très loin, à ce qu'il paraît.

05.07.2007

L'ENVOL

J'ai laissé mes cahiers comme on baisse parfois les bras mais toi,
Toi, du haut de tes cheveux fins et bruns d'anges et peut-être un peu de démon
Tu n'as pas cessé de croire, Croire, à l'orée de ton grand front
Si comme je l'ai écrit il y a quelques jours, les anges sont courageux
Je n'suis pas de ces cieux, toi tu as quelque chose dans les yeux

Je n'ai pas trouvé de prince, Toi tu as quelque chose d'un Roi...
J'ai murmuré Deauville où je rêve parfois encore l'échappée, belle... et légère
Vingt ans ne suffiront pas à mon coeur pour oublier tes chimères
Balancer mes envies de vent qui me rapporteraient de toi quelques douces fables
A esquisser quelques voiles de baiser sur la courbe de tes sourcils, tes cils un peu diables

Tu brûles tout dans mes plaines, tu es mon scorpion, mon dilemme
J'ai passé mon sang à fuir qui me suivait, suivre qui me fuyait
Telle est sans doute l'étincelle pourpre de ma destinée
Ainsi soit cette étoile, ainsi écrivent des vols de tendresse sur les toiles
J'ai passé l'âge et l'âme à aiguiser les lames du mot 'fatal'

Puis j'oublie tout de ces vagues poèmes, les bagues de ces délaissés 'je t'aime'...
L'instant suivant, je me jette aux pieds de quelques colombes éphémères
Je désorganise ce corps perdu dans un tourbillon étrange de poussière
Pour m'adonner impuissant à la célébration de quelque beauté
Laisser grandir les lilas qui poussent autour de ton aura, libre et aimée...


Poème pour Michal (comlive). Niort, le 17 septembre 2005.

29.05.2007

Couverture

D'origine italienne, Olivier-Yves IBRAHIM a choisi de prendre un nom de plume faisant écho à sa passion pour l'Orient, où il se sent à la fois appelé et chez lui.

Profondément marqué par ce qu'il va parfois jusqu'à nommer la réminiscence d'une vie antérieure, il est également passionné par les voyages et les rêves.

Il aime partir à la recherche de lui-même, sur les routes, comme à travers ses différentes rencontres. Il attache une importance essentielle à vivre sa vie sans regret, en demeurant fidèle à ses rêves.

Le décès de sa mère, alors qu'il n'avait que dix ans, la douleur ressentie se retrouvent dans sa sensibilité exacerbée. Cette dernière se traduit dans sa passion pour l'écriture, viscérale, sans fin, telle une quête parfois désespérée, mais toujours intacte, d'un idéal.

"Un bouquet de glycines" rompt avec la poésie d'Olivier-Yves IBRAHIM, habituellement plus lyrique.

Dans ses poèmes, l'auteur évoque la tentation qui fut la sienne, celle du cynisme, à un moment donné de sa vie, après plusieurs échecs amoureux.

Mais sous une apparence quelquefois très crue, se cache un coeur qui ne veut jamais cesser de battre et de garder un espoir presque insensé dans la vie. Et si celle-ci lui jette souvent ses affres à la figure, Olivier-Yves IBRAHIM n'a pourtant de cesse de poursuivre inlassablement sa quête d'un avenir possible.

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