24.05.2008

Lumière de printemps

Les années passent sans jamais se retourner
Et pourtant ta lumière demeure toujours intacte
Comment font les autres gens
Pour vivre comme si de rien n'était?

Les étés passent sans jamais rien nous dévoiler
Le mystère de l'aube égale toujours celui du crépuscule
Et je ne demeure que petite poussière
Je pourrirai comme les arbres abandonnés

Il y a des jours, des heures ou bien des éternités
Où les danses ne voltigent plus, les nuages ne déversent plus
Je préferais de loin l'averse, le chaos, le séisme
La torture est trop douce, le mal est trop coquin

Ciel noir de mai, ne fais pas ce qu'il te plaît
Emmène-nous voler parmi les abeilles, les fleurs, les velours
Imagine des torrents chantants, des messages, des impacts
Dessine nous des lumières, des vagues, des océans...

Cieux noirs de printemps, durables préambules
Expliquez nous pourquoi tous ces cimetières
Dans l'âme, le coeur, l'horizon défait, insolente clameur d'amour
Profane mes pensées planes, donne moi le voyage, vertige matin...

20.03.2008

L'Ecriture me sauve...

L'Ecriture me sauve peut-être de la mort
L'Ecriture me sauve peut-être de la folie
L'Ecriture me sauve peut-être de l'hôpital

L'Ecriture me sauve de Toi



Le Mont-Dore, novembre 2005.
Recueil de poèmes "Miguel", 2005-2006. Non paru à ce jour.

22.07.2007

Vagabondage de l'âme

( Autour de bouquets de glycines)...

J'ai souvent pensé que la folie était quelque chose qui se vivait à l'intérieur.
Je ne parle pas de la véritable folie, celle qui ne se sait pas folle, mais je parle bien de tout ce qui bout en notre âme, ce qui fait que en somme, nous sommes nous-mêmes, et pas quelqu'un d'autre.
Mais quand je parle de nous-mêmes, je veux dire: vraiment nous-mêmes.
Derrière toute morale, tout système éducatif, toute religion.
Ce qui compose notre essence.
Ce qui coule depuis les pores de la peau, sensible, délicate et scarifiée.
Et pour ma part, je peux dire que ma peau sent, vibre, fait mal.
Elle est un peu comme ce ciel chaotique que nous avons depuis des semaines et des semaines sur la région de Niort, elle parle, elle gémit, elle est sur le bord d'exploser.
Comme un orage.
Il suffirait d'une petite coupure pour que pisse un sang rouge, étrange, compact, fou.
Sans but ni loi.
Je voudrais prendre un train et m'évader vers l'Océan.
Lui seul pourrait ce soir m'apaiser, apaiser mes volumes, mes contours, ma respiration.
Mais l'Océan n'est pas là, Il n'est pas là, et je dois aller travailler.
Parfois je me dis que c'est bien, ce nouveau travail, qu'il m'apporte certaines choses (deux ou trois) et souvent, j'ai envie de le plaquer, comme j'ai plaqué les autres, comme j'ai soif de liberté, d'évasion, je ne sais même plus dire si c'est cela être authentique, car je sais maintenant que le travail me met devant beaucoup de moi-même, de même que mon Il me met devant moi-même.
Devant cette peur agaçante et terrible de l'abandon, de la mort, de la séparation.
Je ne puis souffrir cette idée que les gens que j'aime doivent un jour cesser de respirer, je ne puis souffrir cette idée qu'un jour je doive cesser de respirer.
J'attends tellement de mon futur voyage à Varanasi, pour enfin espérer dompter la mort.
Quand?
V. veut venir avec moi.
Ce serait son plus beau cadeau, après celui de m'aimer.
Ce serait non pardon, son deuxième don le plus fort, le plus sensible, le plus fou.
J'y reviens.
Je ne m'égare jamais totalement.
Au défi des ruelles, je sais me perdre, voler quelques pavés et lumières, mais je n'oublie jamais la première odeur, la première sensation, les premières couleurs.
Les premiers contours. Les volumes instinctifs.
" Je voudrais m'asseoir à la terrasse d'un café " devant la mer, ou l'Océan, boire un alcool fort et me laisser porter par mes songes, ma mélancolie, mes doutes, mes peurs, me laisser porter par le sommeil, la douce rêverie, le vent salé et sucré, l'aveu de baisers qui en disent trop long, mais qui laissent leur marque douce avec le temps, avec la soirée, avec la nuit, avec l'absence des étoiles, je voudrais me laisser aller à un sommeil sans fin, sans réelle absurdité, me réveiller demain ou après-demain, sans heure précise, sans mouvement de grâce, sans candeur, sans frisson, juste là où je me serais endormi dans ma rêverie, dans mon alcoolémie, ou dans ma simple crise de spasmo anesthésiée par les pilules.

Je ne me fais pas à la mort, je ne me fais pas toujours à l'amour, je ne me fais pas à l'absence brutale de mes fuites, soudain, depuis quelques mois, je ne me fais pas à ce nouveau travail, et pourtant j'ai tellement l'impression de me faire à tout, dans le même temps.
Pourvu qu'il y ait un peu de vent, un peu de sommeil, un peu de jolis plats et de belles boissons, un peu (beaucoup) de tendresse.
Je ne me fais pas à l'absence de mes amis, à ce que je frôle en superficie de mon âme complexe, je me sens superficiel parfois et pourtant je sais bien que je n'ai pas toujours d'autres choix, vivre dans la lune est-il toujours compatible avec la vie sur le caillou bleu?
Bleu ou marron?
C'est une question.
De loin, il paraît qu'elle est bleue, en ce moment elle me paraît souvent bien boueuse.
Je rêve d'Océan pour me ramener un peu de bleu.
Le bleu de mon Il me donne parfois tant de peurs, de frissons, de lumières aussi.
Je n'oublie jamais la lumière.
Elle n'est jamais très loin, à ce qu'il paraît.