12.03.2008

Délicate et lapidaire Montpellier...

Le chemin du Printemps des poètes.
Il est beau, il est immense, il est long.
J'aimerais tant qu'il dure tout aussi longtemps qu'un vrai et bleu Printemps.
Tout le temps d'un ciel infini, d'une fleur qui décidément ne veut pas se détacher de la vie...

Je devais aller à Montpellier hier, pour régler quelques affaires.
Quel dommage que cette ville magnifique et sensuelle ne soit pas plus proche de chez moi.
Que j'aimerais partager ces soirées de poèmes noirs, contemporains, illuminés, délabrés ou profondément fous.
La timidité parfois encore me ronge.

C'est facile pour moi d'écrire, de pianoter sur l'écran sourd, mais compréhensif, c'est facile pour moi de m'ouvrir et me refermer sur l'espace des poèmes, des textes, des mots.
Mais que c'est encore difficile de parler, d'affronter certaines situations, certaines gens!
Que c'est difficile de pousser certaines portes, d'oser dire : "j'ai écrit un recueil de poésies", c'est difficile de se dire qu'on a écrit quelque chose qui touche, mais quelque chose qui peut aussi déconcerter, déplaire, agacer, c'est difficile de lever les yeux, de tenir tête à tous ceux que je vois un peu comme des pères autoritaires et culpabilisants.

Mais je lève les yeux peu à peu. Je regrette peu à peu ces mots: "ce que j'écris est de la merde", je ne veux plus ne pas avoir confiance en ce que je fais, mon Dieu des gens qui détesteront ce que je fais ou ce que je suis, il y en aura toujours!
Que vous me faîtes du bien, que vous me donnez du baume au coeur, Vous qui me dîtes que non, je n'ai pas fait tout ce tintouin pour rien.
Alors je me dois de tenir bon, pour vous, mes quelques perles rares, et puis aussi pour moi, pour suivre mon rêve de gosse, pour continuer à être en vie, parce que parfois, je me dis que l'écriture n'est rien d'autre qu'une sorte de SURVIE.

Montpellier accompagnait mes pensées hier, je pouvais presque entendre ses pierres parler, me guider, me pousser en avant, me souffler que la vie mérite sa peine, parfois, souvent...
Je pouvais ressentir ses couleurs, ses vents, ses éclats d'âme.

J'ai poussé la porte de la Galerie St Ravy.
C'était un moment presque magique, presque divin, en ce sens où la vue d'un dieu nous remplit toujours d'une immense crainte et d'une infinie admiration.
Le calme de ses murs m'a séduit, et pourtant à s'y frotter de plus près, ça murmurait tout bas et puis soudain ça criait plein de choses, belles, confuses, j'ai aimé ce lieu instinctivement.

J'aimerais assister à certaines soirées de poèmes cette semaine, là-bas, là-bas et dans d'autres lieux magnifiques.
J'ai encore peur. Encore peur du regard de l'Autre, encore peur de ne pas me sentir chez moi, encore peur de ressentir la gêne, les joues qui rougissent, les feux s'allumer dedans mais pas dehors.
J'ai encore peur de ne pas pouvoir y aller. Les aléas de la vie comme l'on dit, la distance aussi...
J'ai crié que la distance n'était rien et pourtant elle finit tellement par se faire sentir.
Il y a un ciel, mais il y a aussi une terre. Il y a une lune, mais il y a aussi un sol. Il y a le rêve, mais il y a aussi une réalité, celle qu'ils disent être LA réalité.

Moi, je ne sais pas. Je me contente d'envoyer des glycines dans le vent, ça sent fort les glycines, il y en a qui n'aiment pas.
Parfois, lorsque mon coeur est tout bleu, j'ai envie d'envoyer aussi des roses, comme celles que j'ai envoyées jadis, comme celles que j'ai encore envoyées il n'y a pas très longtemps.

J'ai envie de penser qu'il n'y a pas de fin, pour reprendre les mots de ma volcanique Maëlie, j'ai envie de faire l'éloge de mes autres, l'éloge de ceux qui se battent pour rien, pour tout, j'ai envie de faire l'éloge de l'Amour.
Car si je doute encore beaucoup, je ne doute pas de ceci.
Il y a beaucoup d'amour dans mon coeur.
Et je vous en envoie un peu, du mieux que je le peux...

Merci à vous, Merci à Montpellier, Merci à la Galerie St Ravy d'avoir bien voulu accepter mes petits facicules, merci à Toi, mon V., de me pousser en avant, pour tout, merci à Laure, que j'ai connue il y a peu, et son incroyable shiatsu (je ne verrai plus jamais les gens tout à fait comme avant, maintenant!), et merci un petit peu à moi, de tenir bon et d'avoir tout simplement envie de faire bien.

Commentaires

Je comprends cette difficulté d'être un peu fier de ce que l'on fait, cette peur d'affronter le jugement d'autrui. Si un jour j'édite, crois-moi, je serai malade de trouille! En tout cas tu as l'air heureux et tu vs de l'avant. Bravo :))

Ecrit par : Kitty78 | 14.03.2008

Ma chère Kitty,
que cela fait du bien de te lire!
à quand la parution de ton magnifique et poignant "dégel"??...
J'essaye, pour te répondre, d'aller de l'avant, plus que jamais... difficile pour un cancer!
Mille bises...
En espérant à très bientôt.

Ecrit par : Olivier | 20.03.2008

tu as poussé la porte...premier pas réussi.. un pas de géant je dirai vu tes hésitations antérieures..

je te cite
...."c'est atroce , cette envie de se débarrasser des mots, quand on a envie de se débarrasser de soi !
c'est vain, à qui ça plaira, à quoi sert-il ce déballage d'émotions confuses,
Si encore quelque beauté pouvait se cacher derrière quelques vers, quelques audaces ?
........"

j'ai lu ton recueil et je me suis laissé envahir par ces mots qui sont tout sauf vains

bisous
marifou

Ecrit par : marifou | 02.05.2008

Merci ma petite et pétillante Marifou pour ce délicieux message... C'est rare et si bon de te voir ici... A tout bientôt sur la belle et lapidaire Montpellier. Merci pour tes mots, merci de me dire que les mots ne sont pas toujours vains, j'ai hâte, tellement hâte de poser ton rouge dans ma maison;-)
Plein de bises bleutées qui volent aux vents...

Ecrit par : Olivier | 21.05.2008

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