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22.07.2007
Vagabondage de l'âme
( Autour de bouquets de glycines)...
J'ai souvent pensé que la folie était quelque chose qui se vivait à l'intérieur.
Je ne parle pas de la véritable folie, celle qui ne se sait pas folle, mais je parle bien de tout ce qui bout en notre âme, ce qui fait que en somme, nous sommes nous-mêmes, et pas quelqu'un d'autre.
Mais quand je parle de nous-mêmes, je veux dire: vraiment nous-mêmes.
Derrière toute morale, tout système éducatif, toute religion.
Ce qui compose notre essence.
Ce qui coule depuis les pores de la peau, sensible, délicate et scarifiée.
Et pour ma part, je peux dire que ma peau sent, vibre, fait mal.
Elle est un peu comme ce ciel chaotique que nous avons depuis des semaines et des semaines sur la région de Niort, elle parle, elle gémit, elle est sur le bord d'exploser.
Comme un orage.
Il suffirait d'une petite coupure pour que pisse un sang rouge, étrange, compact, fou.
Sans but ni loi.
Je voudrais prendre un train et m'évader vers l'Océan.
Lui seul pourrait ce soir m'apaiser, apaiser mes volumes, mes contours, ma respiration.
Mais l'Océan n'est pas là, Il n'est pas là, et je dois aller travailler.
Parfois je me dis que c'est bien, ce nouveau travail, qu'il m'apporte certaines choses (deux ou trois) et souvent, j'ai envie de le plaquer, comme j'ai plaqué les autres, comme j'ai soif de liberté, d'évasion, je ne sais même plus dire si c'est cela être authentique, car je sais maintenant que le travail me met devant beaucoup de moi-même, de même que mon Il me met devant moi-même.
Devant cette peur agaçante et terrible de l'abandon, de la mort, de la séparation.
Je ne puis souffrir cette idée que les gens que j'aime doivent un jour cesser de respirer, je ne puis souffrir cette idée qu'un jour je doive cesser de respirer.
J'attends tellement de mon futur voyage à Varanasi, pour enfin espérer dompter la mort.
Quand?
V. veut venir avec moi.
Ce serait son plus beau cadeau, après celui de m'aimer.
Ce serait non pardon, son deuxième don le plus fort, le plus sensible, le plus fou.
J'y reviens.
Je ne m'égare jamais totalement.
Au défi des ruelles, je sais me perdre, voler quelques pavés et lumières, mais je n'oublie jamais la première odeur, la première sensation, les premières couleurs.
Les premiers contours. Les volumes instinctifs.
" Je voudrais m'asseoir à la terrasse d'un café " devant la mer, ou l'Océan, boire un alcool fort et me laisser porter par mes songes, ma mélancolie, mes doutes, mes peurs, me laisser porter par le sommeil, la douce rêverie, le vent salé et sucré, l'aveu de baisers qui en disent trop long, mais qui laissent leur marque douce avec le temps, avec la soirée, avec la nuit, avec l'absence des étoiles, je voudrais me laisser aller à un sommeil sans fin, sans réelle absurdité, me réveiller demain ou après-demain, sans heure précise, sans mouvement de grâce, sans candeur, sans frisson, juste là où je me serais endormi dans ma rêverie, dans mon alcoolémie, ou dans ma simple crise de spasmo anesthésiée par les pilules.
Je ne me fais pas à la mort, je ne me fais pas toujours à l'amour, je ne me fais pas à l'absence brutale de mes fuites, soudain, depuis quelques mois, je ne me fais pas à ce nouveau travail, et pourtant j'ai tellement l'impression de me faire à tout, dans le même temps.
Pourvu qu'il y ait un peu de vent, un peu de sommeil, un peu de jolis plats et de belles boissons, un peu (beaucoup) de tendresse.
Je ne me fais pas à l'absence de mes amis, à ce que je frôle en superficie de mon âme complexe, je me sens superficiel parfois et pourtant je sais bien que je n'ai pas toujours d'autres choix, vivre dans la lune est-il toujours compatible avec la vie sur le caillou bleu?
Bleu ou marron?
C'est une question.
De loin, il paraît qu'elle est bleue, en ce moment elle me paraît souvent bien boueuse.
Je rêve d'Océan pour me ramener un peu de bleu.
Le bleu de mon Il me donne parfois tant de peurs, de frissons, de lumières aussi.
Je n'oublie jamais la lumière.
Elle n'est jamais très loin, à ce qu'il paraît.
19:09 Publié dans Impressions et odeurs | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : glycines, écriture, poésie, mort, amour
05.07.2007
L'ENVOL
J'ai laissé mes cahiers comme on baisse parfois les bras mais toi,
Toi, du haut de tes cheveux fins et bruns d'anges et peut-être un peu de démon
Tu n'as pas cessé de croire, Croire, à l'orée de ton grand front
Si comme je l'ai écrit il y a quelques jours, les anges sont courageux
Je n'suis pas de ces cieux, toi tu as quelque chose dans les yeux
Je n'ai pas trouvé de prince, Toi tu as quelque chose d'un Roi...
J'ai murmuré Deauville où je rêve parfois encore l'échappée, belle... et légère
Vingt ans ne suffiront pas à mon coeur pour oublier tes chimères
Balancer mes envies de vent qui me rapporteraient de toi quelques douces fables
A esquisser quelques voiles de baiser sur la courbe de tes sourcils, tes cils un peu diables
Tu brûles tout dans mes plaines, tu es mon scorpion, mon dilemme
J'ai passé mon sang à fuir qui me suivait, suivre qui me fuyait
Telle est sans doute l'étincelle pourpre de ma destinée
Ainsi soit cette étoile, ainsi écrivent des vols de tendresse sur les toiles
J'ai passé l'âge et l'âme à aiguiser les lames du mot 'fatal'
Puis j'oublie tout de ces vagues poèmes, les bagues de ces délaissés 'je t'aime'...
L'instant suivant, je me jette aux pieds de quelques colombes éphémères
Je désorganise ce corps perdu dans un tourbillon étrange de poussière
Pour m'adonner impuissant à la célébration de quelque beauté
Laisser grandir les lilas qui poussent autour de ton aura, libre et aimée...
Poème pour Michal (comlive). Niort, le 17 septembre 2005.
12:37 Publié dans Poèmes d'accueil | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : poésie, envol