25.05.2007

LES MOTS FONT SCANDALE

J'aime sa poitrine, elle est glabre et déjà cadavérique
Elle est glauque, imberbe et pour toujours figée dans les arts
Elle ne ressemble plus à quelque chose de maléfique
Mais pourtant, elle hante mes nuits insomniaques et diffamatoires.

La pose n'est pas érotique, nonobstant elle obsède
La tête retombe avec une humilité et une douceur superbes, contre l'épaule maigre
Je me souviens encore de ces vieilles bigotes toutes aigres
Moi je lui trouvais une sensualité qui éveille des remèdes

C'est un mystère mêlé de mysticisme et de misère
L'âme humaine est un crime que je n'ai pas commis
Les cheveux longs et sales, la coiffure éprise d'épines
Je sens ma piété s'envahir de quelque érection amoureuse

La poitrine a des trous, elle me fait penser au soldat de Rimbaud
Je sens les parfums âcres de ceux de l'éther
Cette nuit ne termine plus elle me prolonge encore un peu
Et Toi, Crucifié amoureux, tu m'aides à passer l'ennui...

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